Une entrecôte c’est bon, mais…

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Le plaisir épicurien de déguster une bonne viande est quelque chose qui se conçoit. En 2018, cette scène ancestrale appelle pourtant plusieurs « mais ».

Mais l’animal a-t-il été respecté ? Les conditions actuelles d’élevage et d’abattage sont éthiquement catastrophiques. Les animaux sont entassés dans des exploitations beaucoup trop denses, ils n’auront pour beaucoup jamais vu le moindre brin d’herbe et ils sont saturés d’antibiotiques. Au moment d’être abattus, la dictature du temps et de l’argent fait que leur souffrance est rarement épargnée [merci à L214 d’avoir révélé au grand jour ce scandale].

Mais cet impact environnemental est-il acceptable ? L’élevage industriel génère 14% des gaz à effet de serre dans le monde, principal moteur du réchauffement climatique qui cause – et causera de plus en plus – des perturbations dans la vie de la planète et de ses divers occupants. Ce n’est pas tout : les surfaces astronomiques de cultures céréalières nécessaires à l’alimentation de ces animaux grignotent nos forêts, polluent nos sols et détruisent notre biodiversité. Le tout à grand renfort de subventions européennes depuis plus de cinquante ans.

Mais est-ce si bon pour notre santé ? Si j’en crois ma grand-mère, la consommation de viande a beaucoup de vertus. Mais ça c’était avant (et on peut comprendre cette conviction de ceux qui ont connu le manque). Désormais, largement moins sincères que ma grand-mère, les lobbies agro-alimentaires se chargent de nous faire croire que la consommation quotidienne de viande est bonne pour la santé. Chiffre d’affaires oblige. Or nous en consommons globalement trop. Dès l’école maternelle, nos chérubins ingurgitent plus de 2 fois trop de protéines par rapport aux recommandations des autorités (ANSES). La suite, vous la connaissez : surpoids, cancers, maladies cardio-vasculaires. Certes, cela apporte de l’eau au moulin de l’industrie pharmaceutique. Mais à moins d’être résolument cynique, l’argument n’est pas suffisant pour abuser à ce point des animaux, de l’environnement et de notre santé.

Alors, lorsqu’on atteint ce degré de lucidité, le plaisir de la dégustation est-il toujours aussi intense ? Pour moi, non.

 

En lien avec ce thème, une projection du film « Empathy » est organisée bientôt en Bretagne. Lire l’article sur le site de Greenpeace Rennes

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