Biomimétisme, pour le meilleur

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Le monde vivant fascine l’Homme qui, parfois, parvient à percer quelques mystères. La nature nous a déjà beaucoup donné et elle continue d’être généreuse… Aurons-nous la sagesse de lui en être reconnaissants ?


Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion d’assister à l’intervention d’une experte en biomimétisme : Kalina Raskin, directrice générale du CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis), faisait partie des têtes d’affiche de la 3e Université d’été de l’intelligence animale.

Une singularité du biomimétisme est que d’un côté, il s’émerveille de l’incroyable intelligence avec laquelle s’est construit le monde vivant et, de l’autre, il génère une activité économique qui se mesure à coups de millions de dollars levés. N’est-ce pas assez étrange ? Une fois que Mère Nature a révélé quelques-uns de ses « secrets de fabrication », les ingénieurs s’activent pour industrialiser leurs innovations et perfectionner leurs produits… On peut d’ailleurs se demander si la Nature, en ce qu’elle est un bien commun, ne devrait pas alors toucher quelques royalties dans ce processus, ce qui lui permettrait de financer sa propre préservation.

Quoiqu’il en soit, s’émerveiller de l’intelligence du vivant reste une saine posture, qui oblige l’homo sapiens à une certaine humilité et à un certain respect. « Le vivant, c’est un laboratoire de 4 milliards d’années de recherche et de durabilité » rappelle Kalina Raskin qui, au passage, définit le biomimétisme comme étant « une approche scientifique qui s’inspire du vivant pour innover ». Et de citer les extraordinaires performances du papillon bombyx qui sait détecter des phéromones à une distance de 11 kilomètres, du martinet dont le vol peut atteindre 200 km/h ou de la coquille d’ormeau qui est tout simplement une céramique naturelle parmi les plus résistantes. « Ces exemples sont bien la preuve que, même avec ses technologies, il y a des choses que l’Homme ne sait pas faire avec autant d’élégance et de sophistication que le vivant » souligne Kalina Raskin, avec une admiration non-dissimulée.

Transferts de technologie vers le monde humain

Nous avons tous en tête quelques exemples de « transferts de technologies » du vivant vers le monde humain. Au-delà de la source d’inspiration qu’ont été les oiseaux dans l’histoire de l’aéronautique, des enseignements qu’apportent notamment les geckos à tout ingénieur s’intéressant aux questions d’adhérence, de ce que fournit l’observation d’anguilles lorsqu’il s’agit de concevoir des hydroliennes, le biomimétisme peut trouver des terrains d’application dans tous les secteurs économiques et pas seulement dans les cosmétiques, l’agroalimentaire, l’architecture, la défense ou même le management des organisations.

Le rythme des publications de recherche et des dépôts de brevets sur des sujets de biomimétisme ne fait que s’accentuer depuis quelques années. « Et ce n’est qu’un début, analyse la directrice générale du CEEBIOS. Les enjeux de société se faisant de plus en plus pressants, il est temps de donner à la biologie la place qu’elle mérite dans le monde des sciences. Bien que la connaissance ait énormément progressé dans ce domaine, le fonctionnement du vivant est encore très largement méconnu ».

La Nature va donc continuer d’inspirer les progrès techniques dans les décennies qui viennent. Comme toujours lorsqu’il s’agit de technologies, la question est de savoir quelle en est la finalité. Espérons donc que l’Homme utilisera à bon escient ce que le monde vivant accepte de lui révéler.

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