Avec Plastic Odyssey, le plastique est une ressource !

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Ce n’est désormais une surprise pour personne, les océans sont dans un état déplorable, en particulier en raison des débris plastiques qui s’y amoncellent. Le projet Plastic Odyssey mise sur l’innovation technologique pour lutter contre ce problème planétaire. Rapide rencontre avec Simon Bernard, son cofondateur.

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Ce matin au sommet Change Now, Daniella Russo (Think Beyond Plastic) déclarait « On ne croit pas au ramassage du plastique dans l’océan, nous croyons à un océan sans plastique ». Que penses-tu de cela ?

Mais elle a raison, bien sûr ! Il ne faut pas faire croire aux gens qu’on peut ramasser le plastique qu’il y a dans les océans : il n’y a qu’1% du plastique qui flotte à la surface, et encore, sur des étendues géographiques gigantesques ! L’essentiel du plastique coule, il se trouve donc globalement au fond des océans, disséminé en milliards de petites particules. Les images diffusées dans les médias où l’on voit de gros déchets plastiques flottant en surface correspondent à une infime minorité par rapport à la réalité. Mais bon, si elles participent à la prise de conscience par le public du problème de pollution des océans, elles ont au moins une utilité !

Donc le projet de bateau « Plastic Odyssey » ne ramasse pas de plastique dans les océans ?

Non ! Quand le public voit une vue 3D de notre projet de bateau, ils font l’amalgame avec d’autres projets et pensent parfois qu’on va collecter du plastique. Notre bateau sera bel et bien propulsé par du plastique, mais à chaque escale nous collecterons notre plastique à terre, exactement comme une voiture fait le plein de carburant dans une station service !

Quel est le cœur du projet Plastic Odyssey ?

Le bateau n’est pas le cœur de notre projet, c’est simplement une vitrine pour communiquer sur notre vision. Il nous permettra de démontrer que le plastique a trop de valeur pour terminer dans l’océan, puisqu’il sera notre seul carburant ; il ne faut donc plus parler de « déchets plastiques » mais bien considérer le plastique comme une ressource.
En réalité, le cœur du projet Plastic Odyssey est à terre : notre objectif est de faire un tour du monde pendant 3 ans pour sensibiliser le public à la question du recyclage plastique et à toutes les activités qu’on peut développer localement à partir de ce matériau, tout en dépolluant la planète. Cette expédition nous aidera à comprendre mieux les usages du plastique en fonction des lieux, des cultures… et nous permettra d’initier des actions concrètes répondant à ces besoins, comme le développement à petite échelle d’usines de recyclage de plastique par exemple.

Comment avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ?

Chaque année, 10 millions de tonnes de débris plastiques polluent les mers du globe. Les scientifiques prédisent qu’en 2050 les mers contiendront plus de plastique que de poisson. Quasiment impossibles à collecter, ces particules de plastique ont des effets totalement dévastateurs sur la faune et la flore. Même sur le plan de la stricte vie humaine, la mer et le littoral fournissent une activité à un grand nombre d’entre-nous… sans compter le fait que près de la moitié de l’air que nous respirons est fourni par les océans ! Il est donc urgent d’arrêter cette fuite du plastique vers les océans et d’agir sur le littoral dans le monde entier.

L’année dernière, une étude allemande a révélé que 90% des déchets plastiques des océans provenaient de seulement dix fleuves, en Asie et en Afrique. C’est vrai ?

Ce n’est pas du tout ce qu’a constaté l’étude du Helmholtz Centre for Environmental Research à laquelle vous faites référence ! C’est juste ce qu’ont dit les médias français, qui n’ont donc pas lu l’étude. En fait, les déchets charriés par ces dix fleuves ne représentent pas « 90% des déchets plastiques des océans » mais « 90% des déchets plastiques rejetés par les rivières dans les océans ». Ce n’est pas du tout pareil, surtout lorsqu’on sait que la totalité des débris plastiques de l’océan provenant des rivières ne représente qu’environ 10% des débris, l’essentiel provenant bien des littoraux du monde entier. C’est d’ailleurs pour cela que Plastic Odyssey concentre ses efforts sur les zones littorales, en incluant les villes situées à moins de 50 km des côtes.

Si vous êtes venu à Change Now, au sein de Station F à Paris, vous êtes forcément une startup ?!

Plastic Odyssey n’est pas une startup mais une organisation à but non lucratif. Mais nous serons sûrement amenés à créer, parallèlement à notre ONG, une entreprise afin de gérer nos travaux en R&D ainsi que l’outil médiatique que sera notre bateau.

Te considères-tu comme un militant écologiste ?

Ecologiste oui, mais je ne dirais pas ‘militant’. Je suis plutôt un entrepreneur durable et réaliste. Mon approche de la question environnementale est surtout scientifique ; j’ai besoin de m’appuyer sur des éléments solides et ne suis pas vraiment dans l’idéologie.

 

 

Pour en savoir plus
. site et page Facebook de Plastic Odyssey

 

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